Questions gênantes, question insolente

27/11/2019

​Communiqué du Réseau citoyen du Cercle Normand de l'Opinion

Non ! Il ne s’agit pas de s’interroger sur le rachat de Paris-Normandie par un proche du Président de la République, auteur d’un documentaire sur la campagne-éclair de M. Macron en 2017 : l’affaire était dans tuyaux depuis que l’on avait appris que M. Louvel, actuel P.D.G. du quotidien normand, briguait la Mairie de Rouen avec le soutien d’En Marche. Tout cela fleure bon l’ancien monde et ses pratiques étranges de conquête de l’opinion par un jeu de bonneteau capitaliste… L’important dans ce tour de passe-passe coutumier, c’est que Paris-Normandie conserve une dimension normande avérée et reconnue depuis des décennies…

On apprend aujourd’hui, justement dans Paris-Normandie, que le dernier club créé du réseau de la Fondation Agir contre l’Exclusion, F.A.C.E. - Normandie, sera lancé le 28 novembre, à Rouen, sous les présidences de M. Durand, Préfet de Région, de M. Mestrallet, président de la Fondation et ancien P.D.G. d’Engie et Suez, de M. Cotrel, Président désigné de FACE-Normandie et Directeur régional de G.R.D.F… Du beau monde en vérité, avec une incontestable estampille officielle…
Or la dite Fondation, lancée en son temps par Dame Martine Aubry, est sous le coup d’une très grave remontrance de la part de la Cour des Comptes pour gestion… contestable, à telle enseigne qu’ayant dilapidé son capital initial, elle devrait normalement être dissoute par le Ministre de l’Intérieur… L’affaire traîne depuis des mois sans qu’on sache vraiment pourquoi… Que cache cette… hésitation de M. Castaner ?
Vraisemblablement M. Mestrallet et ses connaissances vont « cracher au bassinet » et reconstituer le capital de la F.A.C.E. (sinon, derechef, on pose la question : la Loi prévoit la dissolution d’une Fondation qui n’a plus ses actifs initiaux, pourquoi n’est-elle pas appliquée ? Pourquoi la Cour des Comptes est-elle bafouée dans la tenue de ses rapports ?).
Mais tout cela va plus loin. Le numéro du 22 novembre de l’hebdo Marianne a mené l’enquête sur la Fondation Agir contre l’Exclusion. Le titre en donne la tonalité : « La machine à arroser les copains ». On nous explique le mécanisme de cette « pompe à phynances » ubuesque. Sous le couvert d’un « charity business » dans le vent, la dite Fondation fait casquer de grandes entreprises, dont le mécénat n’est pas gratuit. Cela permet d’exonérer 66 % des dons du montant des impôts (en fait, c’est l’État, donc le contribuable, qui ne reçoit pas son dû) et, comme il s’agit d’une Fondation reconnue d’utilité publique, elle peut « abriter » des associations amies et les faire bénéficier, elles aussi, des dons exonérés.

Questions gênantes :
  1. Selon quels critères les associations « abritées » sont-elles choisies ?
  2. Y a-t-il un contrôle officiel – certainement pas parlementaire – de l’affectation des sommes distribuées ?
  3. Qu’arriverait-il si la F.A.C.E. perdait son statut de Fondation ?
  4. Faudrait-il revoir toute la chaîne de ce circuit étrange d’un argent public/privé distribué par des associations qui perdraient alors leurs facilités fiscales ?
Question insolente :
  1. Le Préfet de Région, en accordant – certainement après en avoir référé à sa tutelle ministérielle – son haut patronage à la création de la F.A.C.E.- Normandie n’est-il pas dans une position fâcheuse et insolite puisqu’il cautionne un système en délicatesse avec la Loi, la justice, la morale ?

Mont-Saint-Aignan, le 25 novembre 2019
C.N.O.

Questions gênantes, question insolente


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